Les chapiteaux de la nef

La lecture des symboles romans demeure délicate. Aussi, faut-il indiquer d’emblée que les lectures ici proposées puisent dans les théories de M.-M. Davy., historienne et théologienne.

Les deux grands symboles que M.-M. identifient pour la période romane  sont l’arbre et le soleil, tous les autres s’y référant.

L’arbre

Commençons par l’arbre. Comment est l’arbre que vous voyez ? C’est un palmier stylisé, qui rappelle l’arbre de la vie de l’Orient ancien. Ici, il devient aussi évocation du bois de la croix mais c’est un bois vivant car le Christ a triomphé de la mort.

L’art roman est connu pour sa polysémie : une image contient plusieurs motifs qui ouvrent à plusieurs niveaux de lecture. Ici, les volutes du palmier peuvent également évoquer la mitre, attribut de l’abbé. On peut y voir une référence à l’autorité de l’abbé sur l’abbaye et ici, on l’a compris, il avait fort à faire face aux seigneurs.

Le soleil

A présent, cherchons le soleil et la lune. Le soleil est appréhendé par l’homme roman comme image du Christ, sol invictus et sol salutis. Il évoque son rayonnement. Accompagné de la lune, le soleil est une évocation de la crucifixion et de l’Apocalypse. Enfin, la salamandre qui s’adjoint manifesterait la fréquente association feu et chaleur dans le monde roman, le feu étant un élément purificateur.

La sobriété

L’édifice est peu orné. A quoi cela tient-il ? Question d’argent ? Peu probable étant donné le caractère imposant ? Selon Eliane Vergnole, la réponse est à chercher du côté de la grande réforme religieuse en cours : la réforme grégorienne. Reprise des abus et excès en tout genre au sein de l’église, y compris dans la décoration. Tout un courant prône la sobriété pour faciliter le recueillement et coller à l’idéal de pauvreté. Le grand promoteur de ce courant est Bernard de Clairvaux.

%d blogueurs aiment cette page :